Quand Michelin faisait le bonheur des Bretons!…

Michelin et Gourin

L’usine de Michelin à Milltown, New Jersey.

usine Michelin de Milltown NJ

En 1890, Clermont-Ferrand n’est encore qu’un « grand village », un paisible chef-lieu de département d’Auvergne entouré de vignobles. La ville est renommée pour ses pâtes d’abricots, elle ne connait pas de grande industrie. Dès l’arrivée de cette nouvelle matière que fut le caoutchouc, trois manufacturiers s’ouvrent et compte tenu de leur essor de 1886 à 1906, Clermont se développe et accueille 12.000 habitants.

Au fur et à mesure de la croissance de la production, la firme Michelin a besoin d’une main d’œuvre fiable et courageuse. De 500 ouvriers en 1903, le nombre passe à 2000 en 1906. Dès 1898-1900, Michelin se lance dans une politique de recrutement en diffusant deux séries de cartes postales louant les bonnes conditions de travail dans un cadre familial. Et comme d’autres entreprises à cette époque, la firme envoie des agents recruteurs dans les campagnes et les champs de foire, invitant les paysans à venir travailler dans son usine à Clermont-Ferrand. Quelques familles de la région de Gourin-Roudouallec, descendent, comme plus tard en 1925 lors d’un deuxième recrutement…

La première usine de fabrication à l’étranger est ouverte en Italie et la deuxième aux États-Unis en 1907. Elle sera modeste par rapport aux grandes firmes américaines du pneumatique, mais le marché de l’automobile est en pleine expansion. Suite à l’achat des futurs terrains de l’usine, Édouard Michelin est très optimiste à son retour d’Amérique…

Vidéo: l’usine Michelin en 2016, avant sa destruction pour un complexe de logement de luxe.

L’usine de production est construite à Milltown, New Jersey, en 1907, pour trois raisons:

  • Elle se situe à proximité de New-York et des grands marchés de l’Est.
  • C’est une petite ville ou le personnel construirait une organisation fiable.
  • Elle se trouve dans la région spécialisée dans les produits du caoutchouc et qui a déjà un potentiel d’ouvriers qualifiés dans ce domaine…

Plusieurs ouvriers de Clermont sont envoyés aux États-Unis pour faire démarrer cette usine (dont quelques familles bretonnes). Dès 1908, l’usine commence la fabrication des pneus et des chambres à air.

Quelques-uns des premiers Bretons à immigrer ont suivi les traces de Nicolas Le Grand en allant dans les régions industrialisées de Trenton pour travailler dans les fonderies, et à Pittsburgh dans la métallurgie. Le réseau de chemin de fer régional  qui se développe, recrute également beaucoup d’ouvriers. Il y aurait eu des Bretons dans la région dès 1900…  Par exemple, Nic Suignard, est dans la région de New-York après avoir travaillé sur les grandes fermes du Canada comme « cow-boy ». Il est rapidement embauché par Michelin en 1908, car il est trilingue français-anglais-breton…

Très vite, frères, sœurs et cousins arrivent à Milltown, soit seul, soit en famille. Ils ont l’assurance d’obtenir un emploi. Le pneu est un secteur que les Bretons ne connaît pas, mais il s’adapte fort bien…

Les Bretons découvrent la statue de la Liberté à New-York

La communauté du centre Bretagne s’adapte fort bien également à Milltown et tout le monde parle breton… « C’est réconfortant de pouvoir parler avec ses coéquipiers » dit T. Cloarec « mais cela peut être un handicap pour trouver un autre emploi. » Ainsi quelques adultes prennent des cours d’anglais le soir… Les Bretons de Milltown sont très jeunes pour la plupart. Très peu de personnes émigrent après l’âge de 30 ans. Certains se marient en Bretagne avant d’émigrer, mais de plus en plus de célibataires (hommes et femmes) traversent l’Atlantique pour faire leur vie…

Entre 1920 et 1930, environ quarante mariages de Bretons sont célébrés (sans compter New Brunswick) et près de cent naissances enregistrées. Ce qui fait que peu à peu la colonie bretonne s’agrandit…

Plus de 100.000 Bretons émigrent en Amérique de 1880 à 1970 (Canada et États-Unis).

Texte de Jean François Baudet – Source: « Ces Bretons d’Amérique du Nord » – Josette Jouas – Christiane Jamet – Christian Le Corre.


L’ancienne statue de Gourin en résine est en fin de vie!…

Participez à l’Histoire des Bretons et souscrivez au remplacement de la vieille statue en résine par une statue définitive en bronze pour qu’à jamais nos enfants se mémorisent l’histoire de ces courageux Bretons en Amérique…

Cette nouvelle statue permettra de préserver les relations entre les Bretons d’Amérique et ceux restés au pays.

BESOIN DE VOUS

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