Ce Breton a participé au développement de l’Agriculture au Canada.

1893: Trappiste fondateur de l’école d’agriculture d’Oka.

Université Laval
L’école d’Agriculture d’Oka est devenue la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation

FRÈRE GÉRARD: Joseph Navellou de Leuhan

Joseph Navellou: frère Gérard

C’est une figure curieuse que celle du Trappiste Joseph Navellou, issu d’une vieille famille Leuhannaise.

Né à Leuhan (29), le 18 mai 1858, Joseph Navellou entra très jeune au Séminaire. Mais son service militaire le détourna pour un temps de sa vocation sacerdotale. Vers 1880, suivant l’exemple de beaucoup de Bretons, il travailla dans les chemins de fer français. Durant quelques années, il fut employé à la gare de Tours, mais, pris de remords, il ne tarda pas à entrer en religion chez les Cisterciens, à la Trappe de Bellefontaine, Bégrolles-en-Mauges. Il prend le nom de « frère Gérard ».

Trappe d’Oka au Québec

émigration au Québec

En janvier 1887, son ordre le dirigea en qualité de spécialiste des questions agricoles à la Trappe d’Oka appelée Abbaye de Notre-Dame du Lac, à 50 kilomètres de Montréal, dans le comté des Deux-Montagnes.

responsable de l’école d’agriculture pendant 40 ans

Pendant 40 ans, il fut le responsable de cette ferme (qui devient pédagogique et expérimentale) de 720 hectares.  Joseph Navellou se trouva également à l’origine d’un courant d’émigration depuis le Centre Bretagne à la fin du 19eme siècle et début du 20eme siècle. Lorsqu’il manquait de personnel, il faisait appel à des compatriotes sur lesquels il savait pouvoir compter.

Gourin

Dans les années 20, l’émigration de masse provenant de la région de Gourin est à son plein. Nombreux sont ceux qui émigrent aux États-Unis chez Michelin par exemple…

En 1923, Frère Gérard eut la joie de faire la connaissance de deux autres neveux, Jean et Francis Navellou qui furent employés deux ans à Oka, avant de passer aux États-Unis…

Frère Gérard forma des agriculteurs, des jardiniers, des éleveurs et des arboriculteurs mais aussi des agronomes et des professeurs de grande renommée…

Dom Pâcome Gaboury en 1913

Dom Pâcome Gaboury responsable de la Trappe, a transmis cette appréciation sur celui qui fut l’un de ses principaux collaborateurs pendant plus de 40 ans:

« Notre bon frère Gérard a eu ici la direction de la ferme (720 ha) qu’il a littéralement mise en production et en valeur. Il a laissé un profond souvenir de savoir-faire, de dévouement et d’édification… »

… Dom Pâcome Gaboury

 

La Trappe d’Oka

L’histoire de cette abbaye française en terre canadienne mérite qu’on s’y attarde, car son action est tout à fait comparable à celle des abbayes cisterciennes bretonnes (Le Relecq, Landévennec, Langonnet, Bon-repos, etc.) qui furent à l’origine de plusieurs de nos anciennes paroisses.

C’est en 1881 que le nouveau monastère fut érigé en prieuré canonique dans un site aussi sauvage, mais moins marécageux que celui du premier Cîteaux. Cette terre ingrate des débuts, rocailleuse sur les flancs de la colline d’Oka, avec pente rapide vers les marais réputés indrainables et les sables sans fond d’une maigre pineraie, continue à s’améliorer sous le travail acharné des moines défricheurs.

La Trappe d’Oka, dont la communauté était en 1935 de 175 religieux, a décuplé dans les années 50.

Elle est probablement la plus puissante organisation agricole de la province du Québec, celle en tout cas où l’on a fait le plus de progrès.

Sélection animale

A Oka, ces troupeaux de race pure (Holstein de Hollande et Frise du Nord, Ayrshires écossais) servent de modèle à la population rurale du Québec qui vient y chercher les reproducteurs dont elle a besoin pour améliorer sa production.

Par exemple, les frères Bréniel de Langonnet, qui ont émigrés en 1951, furent sélectionneurs de vaches Holstein… et y ont probablement trouvé les parentaux de leur élevage remarquable actuel.

« Ferme Gourin » à Saint-Thomas d’Aquin au Québec, créée à l’origine par Robert Bréniel, vers 1953, originaire de Langonnet (photo: descendance Bréniel) . Cette ferme de sélection est spécialisée dans la race de vaches Holtein. Les animaux de race provenant de cette ferme sont connus dans le monde entier sous le patronyme: « de Gourin »). Cosmopolitan

En 1954, la porcherie d’Oka est la plus moderne du Canada: on y élève à l’époque 400 à 500 porcs de la race Yorkshire, réputée pour son jambon.

Enfin, l’une des réussites de l’abbaye est le poulailler, orgueil du frère Wilfrid, créateur de la race Chantecler qui a été primée à Londres, Paris, Bruxelles, etc…

Création en 1921 de la race Chantecler: adapté au climat froid, à la fois bonne pondeuse (femelle) et bon poulet de chair (mâle).

La poule et le coq chantecler

Sélectionnée à la Trappe d’Oka, elle est admise au standart de l’American Poultry Association en 1921.

Dans une lettre publiée dans La Presse, le Frère Wilfrid explique qu’il a choisi ce nom en raison du succès de la pièce du même nom d’Edmond Rostand et parce que « (Et) je crus qu’un nom si profondément français, tout en étant facilement bilingue, conviendrait bien à une race de volailles née dans un coin de terre où les traditions restaient bien françaises à l’ombre d’un drapeau britannique. »

Cette race de poule a failli disparaître en 1999. Elle aurait été sauvée par des amateurs Québécois…

La culture et l’agro-alimentaire

A l’époque, Oka avait un verger de 32 ha: Le cidre d’Oka a atteint une réputation extraordinaire sous la direction de Frère Gérard… Les moines ont sélectionné des variétés de pommes et pommiers qui s’adaptaient au rude climat hivernale du pays.

Fromage d’Oka

Les fleurs et les fruits comme les glaïeuls y sont également sélectionnés et aussi le fameux « Melon d’Oka »…

Et puis son fromage, le célèbre fromage d’ OKA qui fait la fierté des Québécois jusqu’à aujourd’hui…

Tous ses produits jouissent d’une réputation nationales.

C’est ce qui a valu à la Trappe d’être transformée, dès 1908, en Institut agricole, affilié à l’Université Laval de Montréal. L’enseignement donné par des professeurs de l’abbaye et des professeurs laïcs, s’adresse aux fils d’agriculteurs, aux instituteurs, aux inspecteurs primaires, etc…

Les abbayes des Trappistes de Bon Conseil près de Lévis (Québec), de Mistassini, au Nord du Lac Saint-Jean (Québec), de l’Assomption (Nouveau Brunswick) et de Saint-Norbert (Manitoba), ont contribué au rayonnement des Cisterciens et de leur enseignement dans tout le pays.

Frère Gérard (Joseph Navellou) décèdera à la Trappe d’Oka le 17 avril 1930.

l’Institut Agricole d’Oka devient faculté des sciences

L’Institut Agricole d’Oka fait parti de l’Université Laval de Montréal et porte maintenant le nom de Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation.

En 1960: La Faculté d’agriculture est transférée sur le campus de l’Université Laval, à Sainte-Foy.

L’Institut Agricole d’Oka fait parti aujourd’hui de l’Université Laval

Par ses installations modèles, les travaux de ses chercheurs, son école vétérinaire, ses cours et ses revues, l’Institut Agricole d’Oka se trouve à l’origine de l’introduction des méthodes modernes de culture et de sélection au Canada.

Université Laval

 

En 1960: En pleine « Révolution tranquille », les Trappistes se retirent de l’enseignement. La Faculté d’agriculture est transférée sur le campus de l’Université Laval, à Sainte-Foy.

Les Trappistes resteront encore 40 ans dans l’Abbaye d’Oka…

En 1945, le gouvernement fédéral acquiert une grande partie des terres possédées par les Sulpiciens. Il accorde aux autochtones locaux des « certificats de possession ». Le rejet de la revendication territorial par le gouvernement fédéral en 1986 entraîne des relations explosives entre individus et communautés. La situation culmine lors de la crise d’Oka en 1990, alors que la Sûreté du Québec et l’Armée canadienne doivent intervenir physiquement vis-à-vis des « guerriers mohawks ».

L’extension immobilière de Montréal arrivera à bout des Trappistes qui décident de quitter leur abbaye…

Le samedi 28 février 2009, les Trappistes ferment officiellement le monastère et quittent l’abbaye d’Oka. Ils s’installent dans leur nouveau monastère, l’abbaye Val Notre-Dame à Saint-Jean-de-Matha.

La Trappe d’Oka est vendue à un promoteur immobilier et a été transformée en un luxueux complexe agro-touristique.

Cet article de Grégoire Le Clech n’a pas été réédité par hasard! Bretagne Trans America souhaite préserver l’histoire des Bretons d’Amérique… Il a été publié plusieurs fois dans le magazine « Penn-ar-Bed » en 1954… En 2019, en plein débat sur le CETA (Accord économique et commercial global entre l’Europe et la Canada), Bretagne Trans America se permet de le rééditer. Il est actualisé librement selon nos connaissances actuelles et illustré  par Jean François Baudet, président de Bretagne Trans America pour les besoins du crowdfounding pour édifier une nouvelle statue de la Liberté en bronze à Gourin en remplacement de celle qui est dégradée par le temps. Référence sur demande: bretagnetransamerica@hotmail.fr

Nouvelle statue de la Liberté à Gourin

Ceci est l’Histoire de notre région Centre Bretagne! On ne veut pas l’oublier!…

Aidez-nous à obtenir une statue de la Liberté à Gourin ===> Merci de souscrire ici!